Déconfinons au plus vite les maires légitimes !

10 futurs maires de Gironde appellent à une installation rapide des Conseils municipaux élus le 15 mars.

 

Les citoyens savent, et expérimentent encore plus durant la crise du coronavirus, à quel point la commune joue un rôle majeur en termes de solidarité de proximité. Elle est le relais quotidien de l’État dans ses choix protecteurs. Elle accompagne les mesures sociales du Département au plus près des citoyens. Elle fabrique ses propres solutions solidaires à travers les services publics municipaux, et ses agents dévoués, toujours à l’écoute des administrés. Mais pour ce faire, elle a besoin d’être administrée politiquement par un exécutif solide et légitime.

En n’ayant pas permis aux nouveaux Conseils municipaux d’être installés et aux nouveaux exécutifs d’être élus, beaucoup de communes subissent aujourd’hui une situation de blocage qui génère des tensions de plus en plus fortes au quotidien, menaçant la nécessaire concentration sur le seul effort qui doit animer les élus et les services municipaux : répondre à la crise du Covid19 et mettre en œuvre le déconfinement. La crise démocratique qui s’ajoute ainsi à la crise sanitaire devient incompréhensible pour les citoyens qui voient le résultat de leur vote mis en question par cette période de transition. La crise économique et sociale qui arrive a besoin d’être amortie par les communes et les EPCI en permettant une relance rapide de la commande publique qui, même moins importante que les années précédentes, fera sans aucun doute du bien aux entreprises et à l’économie locales.

Les maires sortants, s’ils sont légalement prolongés dans leur fonction, ne sont plus légitimes aux yeux d’une majorité de leurs administrés quand ils ont perdu ou que leur successeur désigné a perdu. Leurs décisions sont donc toujours susceptibles d’être contestées. Surtout lorsqu’en plus, mauvais perdants, ils contestent le résultat démocratique qui ne leur convient pas, ou ne communiquent pas les informations à leur successeur comme l’a prévu la loi. Les futurs maires, dont les équipes ont été élues démocratiquement par leurs concitoyens lors du suffrage universel du 15 mars, ont la légitimité des urnes, mais ne peuvent exercer légalement leur fonction tant que le Conseil municipal d’installation n’a pas eu lieu. Ils ne peuvent donc être en situation de décision : au mieux sont-ils informés, parfois consultés, au pire sont-ils ignorés. La démocratie locale s’en trouve incontestablement bafouée et les capacités d’action locale sont entravées.

Il est désormais urgent de clarifier. Nous en appelons aux plus hautes autorités de la République pour qu’au plus vite soit mis fin à cette période de transition inédite qui engendre de la division à un moment où l’on a plus que tout besoin d’unité dans l’action municipale. Alors même que le Premier ministre demande à ce que les enfants reprennent l’école, à ce que les Français retournent au travail, nous demandons à ce que les Conseils municipaux élus le 15 mars soient légalement installés, afin de permettre aux nouveaux maires et aux nouveaux adjoints d’entrer officiellement en fonction.

Si l’on tient à ce que la période de déconfinement et la sortie de crise se passent dans les conditions les meilleures et les plus efficaces, alors le plus tôt sera le mieux.

 

Les 10 (futurs) maires signataires (par ordre alphabétique) :

DE LAUNAY Laurent (Izon)
DELIGNY Céline (Pompignac)
DEXPERT Isabelle (Bazas)
DUMAS Florian (Civrac-de-Blaye)
GENETAY Thierry (Carignan-de-Bordeaux)

GUILLEM Jérôme (Langon)
GUIONIE Christelle (Sainte-Foy-La-Grande)
JOINEAU Vincent (Rions)
MIQUEU Christophe (Sauveterre-de-Guyenne)
SOKOLOVITCH Marie-Jeanne (Camarsac)